Histoire de l'espadrille :

4000 ans d'histoire !

L'espadrille – simple et authentique – a traversé les siècles...... de l'homme néolithique aux pieds des stars : 4000 ans d'histoire

 

 

L'espadrille : son histoire

 

° Le premier vestige d'espadrille, trouvé dans une grotte en Espagne, date de 4000 ans.

 

° Les troupes d'Hannibal portaient des espadrilles il y a 2200 ans.

 

° Les régiments aragonais de l'époque médiévale chaussaient des espadrilles, comme tout escadron digne de ce nom des siècles précédents.

 

° L'artisanat de l'espadrille a explosé au moment de la révolution industrielle du 19ième siècle, passant de la chaussure paysanne à la chaussure de travail pour la nouvelle classe ouvrière.

 

° L'espadrille devient l'incontournable de l'été au 20ième siècle avec les premiers congés payés – synonyme de vacances, de liberté, de farniente et bains de soleil.

 

° Au 21ième siècle, indémodable, l'espadrille trône encore sur les podiums du prêt­-à-­porter.

 

 

L'espadrille autrefois

 

L'espadrille intemporelle, aujourd'hui revisitée par la mode, était portée autrefois d'un bout à l'autre des Pyrénées.

 

En remontant loin, très loin, dans l'histoire pyrénéenne, les paysans et les bergers confectionnaient eux-­mêmes leur paire « faite maison » ­ que portait tout un chacun.

 

Plus tard, dans chaque village, il y avait un artisan sandalier secondé par des travailleurs à

domicile.

 

Puis, viendra l'heure de gloire de l'espadrille, tout au moins du côté atlantique ; une époque de prospérité éphémère.

 

 

L'espadrille basque

 

L'âge d'or de l'espadrille basque (ou « sandale » comme on dit là­-bas) arrive avec la révolution industrielle.

 

La France, jusqu'alors presque exclusivement agricole et artisanale, se tournera vers l'industrie à son tour.

 

Les nouvelles usines et manufactures, la sidérurgie, les tuileries et les mines, feront appel à une main d’œuvre de plus en plus importante et l'espadrille deviendra la chaussure de travail économique et confortable du monde ouvrier naissant – surtout que, contrairement à ce que chante une certaine vidéo humoriste, l'espadrille ne chauffe pas les pieds !

 

Au pays basque, profitant du chemin de fer et plus tard des centrales électriques, il n'y avait plus un seul sandalier par village mais plus de HUIT « fabricants » qui organisaient et distribuaient le travail.

 

Ces familles fournissaient chacune près de 4 millions de paires d'espadrilles par an !

 

En 1939 encore, 10 millions de paires étaient produites dans la région.

 

Il fallait une main d’œuvre colossale pour satisfaire à la demande, dont la moitié travaillait en atelier, tandis que l'autre moitié (les façonniers) travaillait à domicile.

 

Tout le monde sur place donnait un coup de main – hommes, femmes et enfants – et l'on faisait venir de l'aide de l'autre versant des Pyrénées, des vallées de Navarre et d'Aragon, des jeunes filles « hirondelles » (nom donné parce qu'elles se déplaçaient le temps d'une saison !).

 

(Voir l'étude « 150 ans d'espadrille à Mauléon » ­ édition Ikherzaleak, Trait d'union. 1986.)

 

 

L'espadrille catalane

 

Pendant tout ce temps, l'espadrille catalane faisait nettement moins de bruit.

 

Les sandales en toile et corde tressée étaient toujours fabriquées chez l'artisan, qui faisait appel au travail à façon, à des couturières émérites qui travaillaient à domicile ­; comme aujourd'hui encore en Catalogne et au Pays Basque.

 

Pendant la révolution industrielle, rien ne change ou presque. Tandis que « le monde » s'agite,

l'héritage catalan se perpétue tranquillement.

 

La tradition de l'espadrille cousue main s'est transmise ainsi de génération en génération pour

satisfaire une clientèle locale. Salvador Dali ne s'en séparait jamais.

 

Car l'espadrille est un des emblèmes de la Catalogne tout autant que du Pays Basque,

ou plus exactement la bigatane (ou « vigatane »); une espadrille plate, à lacets, icône de la Sardane (danse populaire catalane).

 

Le talon traditionnel ou « talonera » de la bigatane, très typé, vient agrémenter aujourd'hui certains modèles d'espadrilles compensées tendance.

 

 

L'espadrille comptemporaine

 

S'y ajoutera l'obligation de porter des chaussures de sécurité chez les ouvriers.

 

Quant aux mines, elles seront mouillées pour éviter les « coups de grisou » et les espadrilles font triste « mine » car elles n'aiment pas l'eau. Le faste est fini.

 

Il faudra attendre la fin de la guerre et la démocratisation des congés payés pour que les espadrilles aient de nouveau le vent en poupe.

 

Par le passé, tantôt savate de paysan, tantôt soulier des soldats de l'infanterie, tantôt chaussure de travail, l'espadrille renaît et devient LA sandale des vacances dès les années 60 - résistant à la

concurrence étrangère, de piètre qualité soulignons­-le.

 

Car le consommateur s'est détourné à temps des produits « bon marché à tout prix », pour retrouver la qualité, l'authenticité et le savoir-­faire ancestral de l'artisanat.

 

De nos jours, la Chine importe l'espadrille « made in Pyrénées » !

 

Aujourd'hui, l'espadrille est devenue un basique de la garde-­robe et s'associe à toutes les modes.

 

L'été, les classiques plates sont incontournables et en hiver on les porte comme chaussons.

 

Les couturiers, créateurs et stylistes réinventent les modèles à l'infini, tant et si bien que les

espadrilles compensées sont devenues un accessoire indispensable.

 

En 4000 ans d'histoire, les espadrilles sont passées de la paysannerie au podium et n'ont pas pris une ride.

 

 

 

 

 

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